Le Mondial Melges 24 de mi-août dernier se courrait en Estonie, sur le plan d’eau de Tallinn. Organisé par le Kalev Yacht Club avec Marinepool comme sponsor principal, il y avait 79 inscrits. Revenons en quatre temps sur cet événement qui a su apprécier la qualité de l’organisation et le professionnalisme des membres du Kalev Yacht Club et de l’IMCA.
IMCA
Il faut savoir que l’IMCA est l’organe qui choisi les plans d’eau des différents championnats. Ces choix sont faits en concertation avec les différents acteurs au sein de la classe, mais également tout au long des événements avec les skippers et équipiers. C’est à travers le feed-back de ceux-ci que les choix s’affinent pour répondre au mieux à leurs attentes.
Ce qui est intéressant est de constater la stratégie de l’IMCA pour les événements. Celle-ci s’articule autour de quatre points : la communication, un planning trois ans en amont, la mise en avant de la classe, la reconnaissance des flottes en essors ou confirmées.
Communication : Grâce à une mailing list constituée depuis plus de 10 ans, les communiqués sont nombreux, réguliers et destinés à un très large panel, que ce soit pour les régatiers eux mêmes, les journalistes et les institutionnels. Et ceci avec une couverture géographique mondiale.
Planning : En préparant près de trois ans en amont, le but est de donner une visibilité pour l’ensemble des acteurs sur les événements à venir. Plus qu’un souci d’organisation, cela permet d’envoyer un message clair pour tous les partenaires, que ce soit pour les régates ou les régatiers. Cela favorise les projets constructifs et de long terme.
Mise en avant de la classe : Avec le site de classe le plus consulté, cette plateforme internet est complète en couvre tous les aspects importants pour les acteurs présents sur le circuit. Nous constatons les petites annonces, le calendrier, les contacts clés mais également les photos et vidéos des événements ainsi que toutes les nouvelles pour permettre de suivre l’activité de la classe au jour le jour. Le site est actualisé sur une base quotidienne.
Reconnaissance : Le plus important, pour les régates, est de favoriser la promotion de la classe sur toutes les zones géographiques, et à cet égard permettre la reconnaissance des flottes qui se constituent et se pérennisent. Raison pour laquelle le mondial était cette année en Estonie, c’est la consécration d’une flotte qui a su se dynamiser avec une flotte active et un championnat commun avec la Finlande.
Tout sur le site IMCA
Le mondial Melges 24 2010
Au niveau du mondial même, il suffit d’observer la longue liste des supports utilisés pour une large visibilité dans les médias locaux et internationaux :
Photos : Avec un photographe officiel et unique pour couvrir l’ensemble de la régate, l’IMCA a su affiner une relation de long terme avec Pierrick Contin. Nul doute que cette relation permet au photographe de s’immiscer de plus en plus au sein des coureurs qu’il côtoie au fil des régates. Le site internet de l’épreuve est actualisé avec les photos du jour à la fin des régates.
TV : La TV est également présente sur le mondial avec une émission quotidienne s’articulant autour de deux axes : la régate et les interviews de skippers. Diffusées principalement sur Internet, ces émissions sont présentent et disponibles pour tous. Fort de son succès avec l’Européen de Laser quelques semaines auparavant, Roman Neimann a été de nouveau contacté par le KYC pour couvrir l’événement. Il faut savoir également que des chaines spécialisées ont contacté l’organisation pour y avoir accès. Au niveau local, quelques chaînes d’informations sont venus pour couvrir l’ouverture de l’événement et également pendant la « régate média » qui a pour but de présenter le support et la classe à l’ensemble des médias locaux.
Le site internet de l’épreuve : Avec ses mises à jour quotidiennes, le site est vivant. Les photos et vidéos permettent de se rendre compte de la météo, les résultats sont publiés quotidiennement et les comptes rendus des régates sont également disponibles.
Le bureau du comité de course : Outre les résultats, avis du jour et réclamations, le bureau présente un ensemble d’outils comme une boite à idées, des flyers sur les événements à venir ou encore des petites annonces sur les régates. Plus orienté « feed-back », cette approche permet de travailler sur l’aspect qualitatif des événements et de la communication.
Cependant, il ne faut pas s’arrêter aux médias classiques. Ce qui est très intéressant est d’observer le travail mis en place par le Kalev Yacht Club, un club qui a su mettre en avant sa qualité d’organisateur et sa capacité d’accueil de championnats internationaux.
Outre un travail pour l’accueil de la régate, ils ont mis un point d’honneur à avoir un nombre d’événements sociaux conséquents. Les coureurs ont ainsi eu le droit, et ce chaque jour, à une collation avant la régate, un plat de pâtes accompagnée d’une pint de bière locale après les manches du jour ainsi qu’une soirée avec la remise des prix quotidiens et des projections photos et vidéos. Chaque régate avait sa récompense pour les podiums du jour. Le point culminant de ces événements était la soirée de gala des coureurs, organisée dans un haut lieu culturel Estonien, un amphithéâtre de plein air et son bâtiment avec vue sur la baie. Le KYC a fait appel à un traiteur, tout comme pour les collations et repas sur le site de la régate ainsi qu’a un groupe de musique local. Il est très clair que Tõnu Tõniste, le président du KYC a su se doter d’une équipe efficace et compétente pour assurer une prestation à la hauteur du championnat. Lors de la soirée de Gala, nous avons pu observer un président ému qui a su nous rappeler que cet événement est le plus important organisé après les jeux de Moscou.
Il faut également souligner la présence d’un très grand nombre de bénévoles, tous locaux et (principalement) membres du club, qui ont assuré une présence précieuse sur l’eau comme à terre.
Enfin, pour sensibiliser le plus grand nombre de médias et communiquer efficacement le KYC a organisé une « régate média », en invitant un très large panel de personnes actives dans les médias locaux et nationaux. Ce n’est pas une première, mais la démarche montre la détermination du KYC pour bénéficier de la meilleure couverture média possible.
Pour en savoir plus :
Les photos
Les vidéos
TV Estonienne
Le Kalev Yacht Club
Le site du Mondial 2010 de Melges 24
Marinepool
L’équipementier allemand est le partenaire officiel de ces championnats du monde de Melges 24 2010. C’est notamment grâce à Tomi Hakola, trésorier au sein de l’IMCA et président de classe en Finlande que ce partenariat a vu le jour. Pour mieux appréhender leur stratégie et la manière dont ils communiquent, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Leaidi Suu, de l’entité Marinepool basée en Estonie.
Quelle a été votre motivation première pour devenir le partenaire principale de l’épreuve ?
Il faut savoir que l’Estonie a une localisation géographique des plus intéressante. En effet, elle se situe sur la voie entre l’Allemagne où se situe notre siège et les pays nordique, comme la Finlande, la Suède et la Norvège. Les Pays Baltes sont des marchés en pleine expansion et ceux des pays du Nord sont très porteurs. En somme, l’aspect géographique est décisif.
Cependant, la motivation n’est pas qu’économique. Dès lors que nous avons entendu parler de l’opportunité pour devenir le principal partenaire, nous avons tout de suite vu une opportunité fantastique, dynamique et représentant un beau challenge. C’est une classe mondiale qui véhicule les mêmes valeurs que les nôtres : compétition, respect, sport, look et dynamisme. C’est un excellent moyen pour avoir de bons retours et véhiculer une image qui nous plait, au niveau international qui plus est ! Il faut savoir également que nous produisons nos gilets de sauvetages ici même en Estonie et avons des bureaux locaux. C’est donc normal de participer dans le pays dans lequel vous travaillez.
Comment communiquez-vous sur l’événement ?
Nous procédons en trois temps, avant, pendant et après la régate. Nous travaillons sur une image de long terme, raison pour laquelle nous sommes le sponsor de beaucoup d’événements.
En amont, ce sont principalement les personnes en chargent de la communication de l’entreprise qui prennent les devant. Ils travaillent beaucoup à travers le site Internet dans les rubriques blog et événements. Nous avons commencé à communiquer sur le mondial près de 6 mois en amont.
Lors de l’événement, nous actualisons le site tous les jours, avec notamment des photos, vidéos et résumés des régates. Le but est d’avoir une plate forme interactive très vivante. En fait, notre vocation est d’avoir un site qui montre tout ce que nous faisons avec une actualité quotidienne des différents projets et événements. Ce n’est pas simplement la présentation de notre collection, c’est un outil vivant.
Après l’événement, nous diversifions considérablement nos supports. Nous utilisons les images sur du long terme, en les présentant sur de grandes bannières et documents présentés lors des salons et représentations de la marque. C’est très challengeant, ce qui rend cet aspect d’autant plus vivant et passionnant.
Votre site semble être l’élément clé des médias que vous utilisez ?
Plus qu’un site, je dirai que nous avons une plateforme interactive mélangeant le concept des sites d’informations, d’animations et de blog. Il représente notre vitrine et doit véhiculer nos valeurs de dynamisme et professionnalisme. Nous l’avons d’ailleurs en plusieurs langues pour avoir la plus grande couverture géographique possible.
Bien entendu, nous avons également un très large panel d’outils d’appoints pour nos points de ventes et lors des salons comme les pancartes, bannières, photos etc.
Au niveau de votre communication, avez-vous une stratégie précise pour implanter le développement de la marque ?
Comme je le disais, notre vocation est de sécuriser notre implantation en partant des marchés en développement jusqu’aux marchés matures et très compétitifs. Nous avons su développer une large gamme de produits de qualité, du loisir à la compétition de haut niveau, que nous renouvelons très régulièrement. Nous avons une reconnaissance certaine et nous travaillons fort sur la communication pour la pérenniser. En plus de nos outils nous diversifions également notre approche, et nous avons dans ce cadre là procéder à la certification ISO, qui est un élément clé pour entrer de nouveaux marchés.
En somme, je dirai que nous avons une démarche pro-active, nous montrons notre savoir, nos valeurs et notre dynamisme !
Tout sur le site de Marinepool
4 Energia
Nouvelle tendance ou partage de valeur, nous observons de plus d’entreprises d’énergies renouvelables s’investir dans la voile. Avec plus de quatre entreprises de ce type sponsors de bateaux du mondial, il n’en fallait pas moins pour motiver notre intérêt.
Nous avons rencontré Kalle Kiigske, membre du comité de direction de la firme Estonienne 4 Energia et compétiteur sur le melges 4 Energia qui courrait également le mondial.
Outre le partenariat de la firme avec l’équipage en étant son principal sponsor, 4 Energia s’est également investi dans l’événement en étant un des sponsors financiers.
D’un point de vue général, quel lien voyez-vous entre la voile et les énergies renouvelables ?
La voile est un plaisir et la nature l’élément dans lequel nous évoluons et sans lequel nous ne pouvons vivre. La voile utilise le vent, tout comme nous avec nos parcs éoliens. Nous connaissons et apprécions les techniques pour prévoir et mesurer celui-ci, que ce soit en voile mais également dans notre activité professionnelle. Dans les deux cas, c’est une approche durable, avec les éléments naturels dont nous avons la chance de pouvoir bénéficier. En somme, les deux sont très liés et nous passionnent. C’est une approche durable.
Quelles ont été vos motivations pour vous investir dans le melges au niveau de l’équipage dont vous êtes le principal partenaire, mais également sur l’événement ?
D’un point de vue général, nous souhaitons faire la promotion de la voile en Estonie. Nous avons la chance d’avoir de beaux plans d’eau et d’un gros potentiel pour la voile. L’Estonie est un pays de petite superficie, mais nous avons tout de même cinq bateaux sur le mondial ! Cela prend du temps pour devenir une nation de marins, même si les jeunes poussent sont de plus en plus nombreuses.
Après les championnats de Hyères, nous voulions nous investir dans l’aspect social de l’organisation des régates. En devenant partenaire, nous apportons notre soutien à travers une contribution (10K€) qui permet aux organisateurs d’avoir de plus amples moyens pour animer, communiquer et assurer un événement de qualité. C’est grâce à ces moyens que les personnes peuvent voir notre sport à travers les médias et le potentiel voile qu’il y a en Estonie. Cette contribution est surtout pour apporter notre soutien à la promotion de la voile en général plus qu’à la régate elle-même.
En revanche, avec notre soutien à l’équipage, nous souhaitons plus apporter notre aide à des jeunes compétiteurs en leur permettant de suivre un circuit de plus en plus passionnant. Nous courrons avec les Finlandais ce qui assure une très bonne dynamique.
Comment valorisez-vous ces deux partenariats ?
Je dirais que nous avons deux cibles principales. Premièrement, en interne. La voile véhicule des valeurs de challenges, de libertés, d’exigences, de respect de l’environnement et de solidarités. Ce sont nos valeurs, celles qui nous tiennent à cœur et que nous souhaitons véhiculer au sein de notre entreprise. Par ailleurs, nous souhaitons envoyer un message similaire à nos partenaires, et ils sont nombreux. Nous communiquons vers nos fournisseurs, mais également nos actionnaires, nos clients et les investisseurs. Avec une telle approche, nous assurons le dialogue à travers les photos qui sont toujours très parlantes, nous montrons notre engagement et notre respect, notre professionnalisme et notre passion.
Le but est tout simplement d’envoyer et véhiculer une image positive de l’entreprise. Il faut savoir qu’indirectement nous ciblons également les quelques réfractaires aux éoliennes, un peu à la manière d’une opération séduction pour diminuer les freins.
Quels sont les médias principaux de votre communication ?
Principalement notre site Internet et également les photos pour les communiqués. Nous n’avons pas vocation à avoir beaucoup d’outils. Nous optimisons ce que nous avons, mais nous devons rester concentrer sur notre cœur de métier.
Tout sur le site de 4 Energia